Thème 2: 

Les médicaments psychotropes: qu'en pensent les jeunes?


Bien que la médication semble être très efficace et essentielle pour certains jeunes et que, si elle est bien adaptée, ses effets semblent être positifs, les propos des autres jeunes semblent remettre en question l’hégémonie de la médication. Beaucoup de jeunes croient que la médication est vue (à tort) comme une solution miracle, facile et efficace. Dans certains cas, ces effets négatifs peuvent dépasser les effets positifs. Beaucoup soulèvent l’importance des effets secondaires. Ces derniers sont même parfois plus incommodants que les symptômes que la médication cherchait à contrôler. Certains jeunes disent même devoir prendre plusieurs médicaments, les uns pour contrôles les effets secondaires des autres.

Au-delà des effets secondaires, pour certains jeunes, la médication est source d’autres problématiques. Certains jeunes ont l’impression que leur médication sert principalement à normaliser certains de leurs comportements considérés comme différents. Ainsi, l’usage de médication peut aussi être synonyme de stigmatisation et d’intimidation. De plus, il ressort de cela que beaucoup de jeunes avaient l’impression d’être des « rats de laboratoire ». Pour certains de ces jeunes, il aura fallu entre plusieurs mois et plusieurs années pour trouver une médication et un dosage qui leur convenait. Pour un certain nombre d’entre eux, la médication ira même jusqu’à créer une dépendance et une accoutumance.

De façon générale, les jeunes sont plutôt critiques face à l’usage de la médication. Quelques-uns soulèvent le fait que la médication agit sur les symptômes reliés à un état, mais pas sur les conditions ayant mené à cet état. Pour certains, la médication est un outil de contrôle. Certains jeunes affirment aussi que la médication s’inscrit dans une logique capitaliste et que certaines personnes profitent directement de la consommation de médicaments par les jeunes.

Résultats de la consultation Jeunes et santé mentale : Pour un regard différent, janvier 2017, page 9.